Etre dans le coaltar

ETRE  DANS  LE  COALTAR

 

Vous savez toutes que l’année 2018 a été très difficile pour moi. En effet, ayant attrapé un méchant virus respiratoire, j’ai été hospitalisée pendant près de 4 mois (un mois en réanimation, mise en coma artificiel, trachéotomie, réhabilitation fonctionnelle…)

Je suis porteuse d’une maladie rare – un syndrome de MARFAN – qui a facilité cette attaque virale à cause, entr’autres, de déformations squelettiques entrainant des difficultés respiratoires.

En réa, un jour – ou bien une nuit, je ne sais pas – j’ai entendu une voix dire doucement à mon oreille « Vous êtes en train de sortir du coaltar… »

J’émergeais peu à peu de je ne sais où, bras et jambes ligotés avec des poids m’empêchant totalement de bouger, ne pouvant plus parler, branchée à des tas d’appareils faisant un bruit d’enfer…

Quand, enfin, ma santé retrouvée a pu me le permettre, je me suis penchée sur ce fameux mot COALTAR.

Etre dans le coaltar signifie être ahuri, à demi inconscient, enfoui dans un état d’hébétude.

C’est un mot déconcertant par l’enchainement du o et du a et par la terminaison en ar. On peut l’écrire de diverses manières coltar, coltard, colletard.

En réalité, c’est un mot anglais de la fin du XVII ème siècle formé de 2 termes coal « charbon » et tar « goudron »  retrouvé dans le mot tarmac (piste d’atterrissage très chargée en goudron pour supporter le poids des avions).

Le coaltar est donc une matière noire et visqueuse obtenue par la distillation de la houille.

Il a été utilisé pour colmater la coque des bateaux et comme antiseptique en médecine (traitement du psoriasis, shampoings antipelliculaires ou antiparasitaires).

De nos jours, on dit plutôt être dans le cirage… ce qui reprend cette image de matière noire et collante dont il est difficile de sortir !

La finalité de cette tragique « expérience hospitalière » est pour moi maintenant qu’à partir d’un état physique au plus mal, on peut sortir du goudron, remonter vers la surface à force de volonté, de confiance, de travail personnel avec son corps et sa tête, en laissant de coté les difficultés, les contrariétés croisées tout au long de la vie.

 

Vivez, mes amies, ne vous contentez pas d’exister !!!

 

Anne-Marie de B.     Club de Marseille