D67 Avesnois: on fête les Femmes

Marie-Françoise Potier nous raconte:     Martha Desrumaux, "la pasionaria du Nord" ou  une Femme ordinaire à l'existence extraordinaire.

 Martha Desrumaux est née en 1897 à Comines, issue d’une famille pauvre du Nord.

A 9 ans, orpheline de père, elle doit travailler comme « bonne à tout faire » à Roubaix puis ouvrière dans l’usine textile de COUSIN à Comines.
Elle ne sait ni lire ni écrire mais très vite elle prend conscience des conditions de travail difficiles de la classe ouvrière et devient une militante précoce 
: à 13 ans, elle adhère à la CGT, à 15 ans à la SFIO et à 20 ans elle dirige sa première grève.

Pendant la 1° guerre mondiale, elle est responsable syndicale et en 1921 membre du parti communiste et de la CGTU. Elle sera la première femme élue au comité central du PCF.

Conviée à l’anniversaire de la Révolution Russe à Moscou, elle y rencontre Nadejda Kroupskaia (compagne de Lénine) et Clara Zetkin la créatrice de la Journée Internationale des Femmes.

Dès lors, elle adhère à la III° Internationale et est reconnue sur le plan mondial comme anti impérialiste, anti colonialiste et anti fasciste.

Dans les années trente, Martha organise des grèves, des marches de la faim et défend les droits de femmes au travail, l’émancipation des jeunes filles et l’égalité entre les sexes avec Danièle Casanova.

En 1936, lors du Front Populaire, elle sera la seule femme à participer aux accords Matignon et Jean Renoir la repère pour jouer son propre rôle dans le film «  la vie est à nous ».

Pendant la 2° Guerre mondiale, elle entre en résistance, emprisonnée à Loos en 1941,

 elle est déportée en 1942 à RAVENSBRUCK où elle poursuit son combat de soutien des plus faibles avec Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Marie-Claude Vaillant Couturier et Germaine Tillion.
A son retour en 1945, malgré la maladie, elle témoigne des horreurs du système concentrationnaire.

Enfin, après la guerre, elle n’aura de cesse de transmettre ses valeurs en tant qu’élue (à la mairie de Lille et à l’Assemblée constituante) et représentante des déportés.

En 1945, elle crée l’Union des Femmes Françaises connue aujourd’hui sous le nom de Femmes Solidaires.

Elle meurt en 1982 dans le Var le même jour que son époux Louis Mangine lui aussi ancien syndicaliste.

En 2017, à l’occasion du 35° anniversaire de sa mort, une campagne est lancée pour faire entrer Martha au Panthéon ; mais cette figure du mouvement ouvrier, méconnue, hors du commun, d’une grande humanité ne fut pas retenue.

Peut-être un jour reconnaitra-t-on son histoire exemplaire car «  toute sa vie n’a été que luttes pour un monde meilleur et juste » (P.Outteryck)