Les camps des Rohingyas

Dîner-conférence du Dr. Perrot jeudi 18 avril 2019

Notre conférencier était le Dr. J-P Perrot, cardiologue et rotarien, membre de l'ONG "Friendship". 

Cette ONG a pour mission de développer et soutenir des programmes d'aide humanitaire et de développement au Bangladesh et de sensibiliser l'opinion publique et les décideurs aux défis auxquels fait face le pays.

De retour de mission, le Dr. Perrot nous a sensibilisé sur le sort des Rohingyas et principalement sur les camps basés au Bangladesh.

Les Rohingyas sont un groupe ethnique de religion musulmane vivant principalement dans le nord de l'état d'Arakan, à l'ouest de Myanmar (ex-birmanie).

Persécuté depuis des générations, le peuple des Rohingyas subit une épuration ethnique organisée par l'armée Birmane. A l'arrivée au Bangladesh, la situation
dans les camps est catastrophique sur tous les plans : nourriture, eau, hygiène, santé...

Ce qui frappe d'abord c'est l'immensité des camps. Du haut de l'une des innombrables collines jonchées de tentes, ce ne sont que des baraquements en bambou et plastique à perte de vue. Le tout parsemé de tâches orange : des latrines érigées à la hâte dont un très grand nombre est d'ores et déjà inutilisable, car insuffisamment profondes et en passe de déborder.

Depuis le mois d'août dernier, 600 000 personnes auraient fui la Birmanie auxquels il faut ajouter déjà 300 000 Rohingyas qui ont fui les précédentes vagues de persécution en 2012. Comment gérer un exode d'une telle ampleur en si peu de temps?

L'ONU évoque 200 villages brûlés mais ne sait chiffrer le nombre de personnes tuées. Les hommes manquent à l'appel et il y a peu d'adolescents. Impossible d'imaginer ce qu'ils ont vécu ou vu. L'atrocité des persécutions submerge. Ces exactions sont commises par l'armée.

Passer à l'action, apporter de la dignité dans cette atrocité, les besoins sont immenses et cette ONG essaie d'apporter des solutions concrètes pour gérer l'urgence, avec efficacité et respect.

Des équipes sur place effectuent un travail impressionnant de qualité, construction de ponts en bambou facilitant l'arrivée des familles après la traversée de la rivière Naf, distribution de nourriture, construction de 5 centres de santé de soins primaires, clinique mobile d'analyses médicales.

Un centre d'accouchement ainsi qu'une maternité seront opérationnels d'ici peu et afin de minimiser les risques de maladies infectieuses seront mis en place un nombre considérable de puits de forages profonds, des sanitaires et des toilettes.

Des sourires reviennent chez les enfants qui sont vraiment incroyables mais aussi parfois chez les adultes.

Tout ceci requiert des moyens considérables.


Y. Mézelle