Journée de la Femme et rencontre inter-districts

Journée de la Femme le samedi 7 mars au Musée d'Agesci de Niort

Nous accueillons 4 amies du nouveau club Royan-Cordouan, 6 du club Saintonge (les 2 clubs étant du district 69) et  4 « voisines » de Poitiers.

C’est sa Majesté Louis XIV en personne, et en costume qui vient à notre rencontre, et nous emmène dans le Grand Siècle, pour nous conter, avec beaucoup d’humour, et quelques détails croustillants,  l’ascension extraordinaire de celle qui fut son épouse et conseillère sur la fin de son règne, la jeune et sage Françoise d’Aubigné.
Petite-fille du poète protestant Agrippa d’Aubigné, Françoise nait en 1635 à la conciergerie de la prison de Niort, où son père purge une peine pour dette d’argent (et peut-être même assassinat de sa première épouse ?).
La petite « Bignette »  va passer ses premières années chez une tante au château de Mursay,  dont on peut encore voir les ruines non loin de Niort, à Echiré sur les bords de la Sèvre.

Elle part ensuite avec ses parents au soleil de la Martinique et de Marie-Galante  (où son père nommé gouverneur pense faire fortune avec la canne à sucre) – ce qui à vaudra  à Françoise le surnom de « belle indienne ».
Abandonnée par le père, la famille, ruinée,  revient à La Rochelle où Françoise connait la misère, la mendicité, une humiliation qu’elle n’oubliera jamais.
Elle est alors recueillie par une autre tante, à Niort, puis par sa marraine qui la place au couvent des Ursulines de Niort, puis dans celui de Paris.
Baptisée catholique, convertie au protestantisme sous la houlette de ses tantes, puis contrainte d’abjurer sa foi  calviniste chez les Ursulines, la jeune Françoise sera finalement introduite dans les salons parisiens où très vite elle sera remarquée pour son intelligence et son esprit ; et notamment par le poète Paul Scarron qui lui propose soit de la doter pour qu’elle entre au couvent, soit de l’épouser : elle a 16 ans, jolie et sage mais pas un sou ; Scarron de 25 ans son ainé est laid, lourdement handicapé, mais son salon réunit les plus beaux esprits de Paris : elle accepte le mariage et la rente qu’il lui donne. Elle va y fréquenter entre autres Mme de Sévigné, Mme de Lafayette, Ninon de Lenclos  et Mme de Montespan, dont elle deviendra l’amie.

Au décès de son mari qui ne lui laisse que des dettes, après quelques aventures amoureuses – il faut bien vivre ! -  la veuve Scarron acceptera  la charge de gouvernante des enfants illégitimes du roi et de Mme de Montespan ; elle a alors
25 ans. Charge dont elle s’acquitte avec un véritable amour maternel, ce qui suscite rapidement l’intérêt du roi : « Comme elle sait bien aimer, il y aurait du plaisir à être aimé d'elle », aurait-il confié à son entourage !
D’abord loin de la cour, la veuve Scarron et les petits « bâtards », vont se rapprocher progressivement à la légitimation des enfants. La jalousie de Mme de Montespan pousse alors le Roi à lui allouer une rente importante pour la garder auprès de ses enfants, argent avec lequel elle achète le château de Maintenon et acquiert le titre de « Marquise de Maintenon ».

Chemin faisant Sa Majesté nous fait apprécier les nombreux tableaux qui ponctuent chaque étape de la vie de Françoise d’Aubigné, et va même jusqu’à initier les « manants » que nous sommes à la révérence et au menuet : pas très convaincant, nous ne sommes pas très douées pour les bonnes manières de la Cour !

Mais la jalousie de Mme de Montespan envers cette nouvelle rivale est telle que le Roi, pour la garder près de lui va lui allouer une rente importante, argent avec lequel elle achète le château de Maintenon.
Tandis que Mme de Maintenon (que l’on appelle désormais à la cour « Mme de maintenant ») monte en faveur auprès du Roi, Mme de Montespan  descend inexorablement vers sa répudiation.

Le décès de la reine Marie-Thérèse d’Autriche en juillet 1683, va permettre au Roi d’épouser Mme de Maintenon dans la nuit du 9 au 10 octobre suivant, dans le plus grand secret : en effet, Mme de Maintenon n’étant pas de noble naissance ne peut être reine, c’est un mariage morganatique, mais un mariage d’amour !
Elle sera la conseillère du Roi pendant toute la fin de son règne et lui transmettra sa ferveur catholique.
Et cette austérité (« bigoterie » diront ses ennemis) qui s’installe à la cour après des années de fêtes somptueuses, n’est pas pour plaire aux courtisans !

Se souvenant de sa jeunesse malheureuse, elle va fonder l’Ecole de St-Cyr pour les jeunes filles nobles désargentées.

C’est là qu’elle se retirera après la mort du Roi en 1715, et y passera les dernières années de sa vie, et où elle mourra le 15 avril 1719.