LOUISE DE BETTIGNIES

Vous promenant dans Lille, peut-être avez-vous aperçu son nom sur une place du Vieux Lille ou sur un grand monument tout proche du boulevard Carnot, sans bien identifier cette héroïne de la Grande Guerre.

En pension avec sa nièce, j’avais donc entendu son nom et quelques bribes de l’histoire trop oubliée de cette jeune femme courageuse qui vécut dans notre région. Impossible ici de tout vous raconter et surtout comment, de paisible jeune fille rangée elle est devenue espionne au profit de la France et plus encore de son allié la Grande Bretagne.

Ayant beaucoup voyagé et parlant couramment anglais, italien et allemand, (tout cela est tout à fait exceptionnel à l’époque) elle s’engage lors de l’invasion de Lille par l’armée allemande en octobre 1914 comme infirmière  et ce qui est beaucoup moins banal :  dans la résistance et l’espionnage.
Elle a alors 34 ans.
Elle apprend le « métier » à Folkestone et crée son propre réseau nommé Alice du nom du pseudonyme qu’elle s’était donné : Alice Dubois.
Les Anglais estiment à un millier, le nombre de soldats britanniques sauvés grâce à elle.
Institutrice, couturière, marchande de fromages selon les circonstances, elle passe souvent la frontière.
Ses contacts sont en Belgique et c’est lors d’un malheureux déplacement vers Bruxelles qu’elle est arrêtée à la frontière lors d’un contrôle : un soldat allemand l’a vue en train d’avaler précipitamment un document confidentiel juste avant la fouille.
Cet acte héroïque lui vaut un coup de crosse violent, l’enfermement en prison et la condamnation à mort.
Elle échappera à l’exécution à la suite d’importantes réactions concernant l’exécution d’une toute jeune femme.
Elle fut alors envoyée dans une sinistre forteresse près de Cologne et y demeura 3 ans dans des conditions particulièrement dures sans jamais donner les noms des membres du réseau et y mourut sans aucun soin.
Son corps fut rapatrié en 1920. Un monument fut élevé à la « Jeanne d’Arc du Nord », ironie de l’histoire quand on sait tous les services qu’elle rendit à l’armée anglaise. « d’un héroïsme rarement dépassé » selon le Maréchal Joffre.  

Aurai-telle rejoint notre mouvement ? sans doute pas et ce pour 2 raisons : elle était encore très jeune quand elle disparut en 1918 et surtout l’Inner Wheel était encore à créer….  

                                                              Yolande Devred Editrice D67