LES FEMMES S'EMPARENT DU CINEMA

ET SI NOUS PARLIONS DES FEMMES « REALISATRICES » !

Réalisatrice : rappel sur ce métier « véritable chef d’orchestre »

Les termes désignant ce métier furent très controversés dans les pays européens. C’est seulement à partir de la fin des années 1910 que quelques intellectuels tenteront de caractériser le cinéma en le dissociant volontairement du théâtre, le définissant comme un « art nouveau ».

La réalisatrice doit créer des scènes qu’elle enregistre par fragment (découpage) avant d’en effectuer la synthèse (montage). Les décisions qu’elle doit prendre portent sur tous les aspects de cette mise en film : conception générale, ton, cohérence et rythme de l’ensemble, découpage de l’action en plans, inscription et direction des interprètes dans l’espace et dans le temps, son, décor, lumière, place de la caméra, cadre de l’image, montage… Plan après plan, la réalisatrice arrache à la pesanteur du réel, les pièces du vaste puzzle qui constituent son film. Chaque morceau doit non seulement s’emboîter dans ceux qui l’entourent immédiatement, mais aussi s’intégrer à l’ensemble. Aussi, qu’elle se présente à l’équipe comme une femme autoritaire ou comme une séductrice, la réalisatrice reste avant tout une coordinatrice et doit trouver un terrain d’entente avec le producteur et les diffuseurs. Certaines réalisatrices assument, en complément, d’autres fonctions. Ainsi certaines sont également scénaristes, actrices, chefs opérateur et monteuses. Elles sont aussi parfois productrices de leurs propres films.

Par conséquent, cette fonction est difficile à délimiter. La réalisatrice doit mener de tous temps une bataille permanente pour défendre sa place.Plus d’un siècle après la naissance d’Hollywood, les réalisatrices luttent toujours pour se faire une place.

Les femmes ont longtemps été oubliées par les récompenses et refusées par les studios. Quant aux scénaristes femmes, celles-ci sont souvent restées dans l’ombre de leurs homologues masculins.

« J’avais une revanche à prendre »   
          

La pionnière :

Alice Guy est la 1ère femme française réalisatrice de fiction de l’histoire du cinéma et pourtant, elle fut longtemps mise de côté. La date de naissance officielle du cinéma est le 28 décembre 1895. Dès mars 1896, Alice, secrétaire de Léon Gaumont, imaginait son futur en tournant la toute première fiction de l’histoire : « La fée aux choux ».

 Mais comme Alice était très inspirée et très douée, elle a également inventé :

►►Des effets spéciaux,
►► Le ralenti et l’accéléré,
►►Les surimpressions,
►►La superproduction
►►Et même le gros plan.

Elle fut la première cinéaste à tourner des films sonores, des opéras, elle savait faire rire et pleurer, filmer la guerre ou la vie du Christ, et même fonder et diriger un studio de production américain. Elle reste méconnue, son œuvre est pourtant extraordinaire.

Aujourd’hui, les efforts de passionnés ont permis de dépasser les résistances, de remettre son œuvre en lumière et de rendre justice à cette grande créatrice du muet. Cette pionnière née en 1873 a vécu jusqu’en 1968 et a laissé une véritable archéologie du 7ème Art. On l’appelle parfois « La femme aux mille films », tant sa filmographie est pléthorique.    

A voir comment a été traitée cette pionnière, il n’est pas étonnant que toutes celles qui ont suivi ne jouissent pas de la même notoriété que leurs confrères masculins. Il est donc grand temps de réhabiliter leur place !

La ville de Paris et ARTE ont proposé, sur les grilles de l’Hôtel de Ville de Paris, du 11 au 31 mai 2021, une exposition « Les femmes s’emparent du cinéma ». Oui car nombreuses et talentueuses seront les héritières d’Alice Guy. D’Agnès Varda à Jane Campion, de Céline Sciamma à Naomi Kawase, cette exposition a rendu visible ce qui ne l’est toujours pas : l’apport des femmes à l’histoire du cinéma.

Toutes, à leur manière, sont les grandes réalisatrices de demain.
Leurs noms ne vous sont pas encore familiers et pourtant elles ont réalisé :

Elle l’adore, de Jeanne Herry
Grave, de Julia Ducournau
Larguées, de Eloïse Lang
Les Chatouilles, de Andréa Bescond
Chanson douce, de Lucie Borleteau
Seize printemps, de Suzanne Lindon

Sans oublier

Agnès Varda, Emmanuelle Bercot, Maïwenn Le Besco, Zabou Breitman, Catherine Corsini, Catherine Breillat, Nicole Garcia, Sandrine Bonnaire, Josiane Balasko, Valérie Donzelli, Agnès Jaoui, Valérie Bruni-Tedeshi, Sara Forestier, Charlotte le Bon, et bien d’autres.

En 2021 la française Julia Ducournau remporte la Palme d’or avec « Titane », succédant ainsi à Jane Campion, néo-zélandaise, pour « la leçon de piano », distinction ultime du festival de Cannes. Et c’est au tour d’une autre réalisatrice française Audrey Diwan d’être mise en avant en recevant tout récemment le Lion d’Or lors de l’édition de la Mostra de Venise pour son film « l’Evénement ».  

Les femmes ont donc vraiment du talent !

A toutes ces réalisatrices d’une nouvelle ère qui révolutionnent le cinéma français et dont la réplique préférée est « MOTEUR, ACTION ! » MERCI.

« C’est en mélangeant les influences que le résultat devient intéressant »                                                                                                                                                             

                                              Jacqueline Drillaud – Yannik Mézelle D69