LOUISE WEISS

LOUISE WEISS

Louise Weiss a consacré sa vie à plusieurs combats : combat pour le droit des femmes, combat pour l’Europe et la liberté des nations d’Europe Centrale, combat intellectuel pour comprendre les racines de la guerre et les éradiquer.
Son premier combat, Louise le mène dans sa famille alsacienne, protestante et juive, où elle naît en 1893 à Arras.
Quand elle décide de poursuivre des études, son père, Marcellin Berthelot, l’ignore, mais reçue à l’agrégation de lettres en 1914, elle est la plus jeune agrégée
de France en ce début du siècle. Elle est également diplômée d’Oxford.
A la fin de la guerre 1914-1918, elle mène un second combat pour la démocratie en Europe et fonde en Janvier 1918 un journal politique L’Europe Nouvelle où elle milite pendant vingt ans pour la paix.
Journaliste, c’est en tant que correspondante pour le Petit Parisien, qu’elle part en Russie en 1921, rencontre Staline et parcourt tout le pays en proie à la guerre civile, à la famine et au typhus. Elle fera un rapport sur les aides possibles à mettre en place.
En 1918, les femmes ont le droit de vote en Allemagne et en Chine, mais il n’en est pas de même en France et en Angleterre, où les « suffragettes » luttent pour ce droit qu’elles n’obtiendront qu’après la seconde guerre mondiale.
Pour créer l’événement, sans violence et avec humour, Louise Weiss ouvre la Boutique de la Femme Nouvelle sur les ChampsElysées, dépensant tout l’argent gagné au cours de sa carrière de Journaliste.
En 1936, Louise Weiss est candidate symbolique aux élections législatives pour protester contre l’interdiction de vote des Françaises. Elle anime alors l’organisation féministe « La Femme nouvelle ».
Le combat pour les droits des femmes est encore plus difficile à la fin de l’entre deux-guerres, aussi créé-t-elle, avec des amies, en 1938, l’Association pour le volontariat féminin aux armées.
Edouard Daladier, alors ministre de la Guerre, la reçoit, admiratif, mais très dubitatif.
Un espoir naîtra en 1943 quand De Gaulle promet à Alger le droit de vote aux femmes.
Pendant l’Occupation, résistante, elle lance le journal clandestin la Nouvelle République, puis dénoncée comme juive, elle devra se cacher.
Plus tard, Louise estimera que les femmes qui ont désormais la loi pour elles doivent absolument s’en servir et qu’elles sont prêtes, dans tous les domaines, à jouer un rôle équivalent à celui des hommes.
Grand reporter et député, doyenne d’âge, son discours d’ouverture du Parlement Européen prononcé en 1979, confirme son engagement d’européenne convaincue.

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